Le débat n’est pas non plus une lutte entre de « vertueux » assureurs qui mutualisent sans IA et des assureurs « cupides » qui segmentent grâce à l’IA. On peut paraphraser en pariant sur le fait que la data et l’IA ne remplaceront pas l’assurance mais affirmer avec une quasi-certitude que les assureurs avec IA remplaceront ceux sans IA.
Le vrai enjeu : la connaissance granulaire des risques
La méconnaissance granulaire : un risque de provisionnement sous-estimé
Inversement la « méconnaissance » granulaire pose inévitablement la question de la mesure de la mutualisation des risques en portefeuille sur un territoire donné. Chaque acteur doit se poser cette question par rapport à ses propres caractéristiques et sa propre politique de souscription.
Pro-sélection vs anti-sélection : le nouveau rapport de force entre assureurs
L’inertie de l’historique et l’agilité du nouveau : le nouveau paradigme concurrentiel
Les nouveaux entrants : des modèles sans données d’expérience, mais avec l’IA
De nouveaux acteurs dont l’assurance n’est qu’une porte d’entrée vers un service global peuvent aussi profiter de l’IA et des données externes pour proposer des produits d’assurance (quand l’absence de données d’expérience, la méconnaissance des risques et la faible rentabilité du secteur les excluaient auparavant). L’expérience du passé et les parts de marché acquises par les nouveaux entrants qu’étaient les bancassureurs dans les années 1970-1980 démontrent que le danger est bien réel.
La régulation : bouclier ou accélérateur de disruption ?
La volonté des pouvoirs publics de protéger le consommateur est certes louable, mais elle peut malheureusement conduire à des effets pervers par méconnaissance de la technique assurantielle.
L’IA accélérateur de performance de la chaine de valeur
Mieux connaître le bien pour mieux couvrir l’assuré
En premier lieu, une connaissance plus fine et plus granulaire du risque permet d’adapter la couverture aux besoins de l’assuré. Dans ce cas, l’IA permet à l’assureur de répondre aux besoins exacts de couverture de chaque assuré en tenant compte des caractéristiques réelles et récentes du bâtiment couvert. L’assureur peut à la fois ajuster la prime, se protéger d’une offre concurrente similaire en augmentant la satisfaction de l’assuré, et réduit le risque de fort mécontentement ou de contentieux en cas de sinistre.
Simplifier la souscription sans sacrifier la précision
Encadrer les limites
Quand l’IA devient une boîte noire : les risques d’une adoption sans cadre
Enfin, le problème de l’inadéquation de la prime avec le risque d’un bâtiment ne trouve pas comme unique solution l’augmentation de la prime, la résiliation ou le refus de souscription du contrat. Réduire le coût de la couverture pour rendre la prime acceptable peut nécessiter de modifier le contrat pour le rendre abordable, et il existe un panel de solutions bien connues (franchises, plafonds…).
De la prime à la franchise : adapter le contrat plutôt qu’exclure
- Produire des segmentations « boîtes noires » déconnectées de la stratégie de mutualisation,
- Souscrire des risques en aveugle par « hallucinations » qui font peser un risque majeur à l’assureur
- Favoriser une approche purement technique et financière,
- Déposséder les assureurs de leur pilotage en confiant leurs données et décisions à des tiers ou à des outils logiciels intégrant de l’IA.
L’adoption de l’IA et les futures utilisations de l’Agentic AI nécessitent une connaissance renforcée des modèles utilisés (dans la souscription, la tarification, l’adaptation de l’offre) et des risques couverts (avec la granularité la plus fine possible). Pour caricaturer, s’il existe une multitude de couvertures et de tarifs, il faut pouvoir retrouver pourquoi et comment cette couverture et ce tarif ont été appliqués et pouvoir expliquer et défendre si besoin le modèle devant le régulateur.
Les données bâtimentaires pour préserver la mutualisation et l’assurance en MRH
Disposer de données, d’attributs et de scores de risque les plus granulaires possible (au bâtiment) s’avère la seule solution pour véritablement gérer l’équilibre de son portefeuille et la mutualisation des risques en toute connaissance et selon la stratégie et les principes de l’assureur (appétence au risque, dose de solidarité…).
Conclusion : La donnée bâtimentaire, socle de l’équilibre technique des portefeuilles MRH
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