Une gestion structurée et industrialisée de la donnée permet aux assureurs de sécuriser la conformité tout en améliorant l’efficacité opérationnelle.
Cette première étape dans le processus dédié à Solvabilité II est donc déterminante, avant de modéliser, de calculer et d’analyser.
Qualité des données
L’enjeu n’est pas seulement de collecter la donnée, mais de garantir qu’elle soit complète, cohérente, réconciliée entre les différentes sources et exploitable dans des délais contraints. En effet, nous observons que plus d’un tiers du temps d’une production annuelle Solvabilité II est dédié à la collecte et la qualité des données, ce qui réduit considérablement le temps disponible pour l’analyse des résultats et la prise de décision.
La qualité de la donnée doit être contrôlée dès son import, à travers plusieurs niveaux de contrôle :
- Mettre en place des règles de validation automatisées.
- Effectuer des contrôles bloquants pour empêcher l’intégration de données incohérentes et corriger les dysfonctionnements sans perte de temps.
- Mettre en place des contrôles d’alerte facilitant l’analyse sans bloquer le processus.
- Réaliser des réconciliations automatiques entre différentes sources (comptables et actuarielles par exemple).
- Versionner les données pour garantir leur reproductibilité et leur auditabilité.
Dans de nombreuses organisations, la donnée est encore dispersée entre plusieurs outils. Aujourd’hui, une solution centralisée permet de capter les données, via un import ou une saisie, de les structurer et de les mettre à disposition de chaque partie prenante (comptabilité, actuariat, risk management…) : données financières, indicateurs comptables, données relatives au passif…
Cette centralisation à travers une base unique et cohérente apportera plus de flexibilité et de cohérence, tout en permettant de faire gagner du temps aux équipes et améliorer la collaboration.
Data Monitoring and Management
Le régulateur attend que chaque chiffre publié puisse être expliqué, justifié, tracable et reproductible. C’est ainsi qu’intervient la notion de piste d’audit, qui est un pilier de la gouvernance des modèles, de la maitrise du risque opérationnel et de la crédibilité prudentielle. Nous y reviendrons dans les étapes suivantes.
Aujourd’hui, l’utilisation d’Excel, ou autres outils manuels, ne permettent pas toujours de garantir une traçabilité optimale et introduit des risques significatifs tels que des erreurs opérationnelles, la dépendance à des fichiers locaux et une absence de traçabilité.
Une solution dédiée à Solvabilité II offre ainsi une gestion optimale de la qualité de la donnée et de son suivi : identification de l’origine des chiffres, documentation des ajustements, sécurisation des workflows de validation.
En effet, chaque assureur doit être en mesure de répondre aux attentes du superviseur sur ces sujets. S’appuyer sur une solution reconnue par le marché et les organismes de contrôle pour cette étape cruciale constitue un véritable facteur de sécurisation.
De plus, dans le cadre du suivi de la qualité des données, la mise en place de tableaux de bord est également essentielle. Ils permettent d’identifier rapidement les anomalies, de prioriser les corrections et de piloter la qualité en analysant les évolutions dans le temps et en les comparant aux clôtures précédentes.
Ce niveau de pilotage renforce la crédibilité prudentielle de l’organisme et réduit la pression lors des contrôles ou des revues réglementaires.
Transversalité et évolutivité
Dans ce contexte, les assureurs sont confrontés à un enjeu majeur : assurer la cohérence des données entre plusieurs référentiels, plusieurs usages et plusieurs temporalités. Une même donnée doit pouvoir être mobilisée à la fois pour des calculs prudentiels, des reportings financiers et des analyses de gestion, sans divergence ni retraitement manuel.
Cette transversalité impose de repenser les architectures de données. Une approche fragmentée, reposant sur des chaînes de traitement indépendantes, génère inévitablement des écarts, des redondances et des risques opérationnels. À l’inverse, une architecture intégrée permet de mutualiser les données, d’aligner les référentiels et de sécuriser les processus.
En structurant leur gestion des données autour de ces principes, les assureurs ne se contentent plus de répondre à une contrainte réglementaire : ils se dotent d’un levier durable d’efficacité opérationnelle, de fiabilité et de pilotage stratégique.
Gouvernance des données
Le superviseur attend en effet des organismes d’assurance qu’ils soient en mesure de démontrer non seulement la qualité de leurs données, mais également la robustesse des dispositifs mis en place pour en assurer la maîtrise dans la durée.
Maîtriser la donnée n’est plus seulement une exigence réglementaire : c’est un facteur clé de fiabilité, de performance et de crédibilité pour les assureurs.
5 étapes pour réussir votre mise en œuvre de Solvabilité II
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